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La Voix de l’érable

Présentation de l’éditeur

Les éditions Arfuyen ont commencé de publier Roger Munier en volume dès 1980, l’année même où il commence à écrire son Opus incertum. À sa demande elles ont repris le flambeau de son édition en 2007 (Les Eaux profondes. Opus incertum V) lorsque Gallimard s’est retiré du projet.

À l’occasion de leur 50e anniversaire, les Éditions Arfuyen ont décidé de se lancer dans l’édition intégrale de la partie encore immergée de l’iceberg, de loin la plus importante et celle qui donne son sens à l’ensemble.

Elles font là œuvre de fidélité en même temps que d’audace pour se projeter résolument dans une période où se mettent en place les fondements d’un nouvel obscurantisme.

Le livre
Ce livre est le septième volume de l’œuvre d’une vie, l’Opus incertum, que Roger Munier n’a interrompue que quelques jours avant sa mort le 10 août 2010.

Œuvre gigantesque puisque son édition complète comportera en tout une quinzaine de volumes et plus de 3000 pages extrêmement denses. Œuvre-somme comme L’Errant chérubinique est le Grand Œuvre d’Angelus Silesius, que Roger Munier a magnifiquement traduit et publié aux éditions Arfuyen.

Œuvre conçue comme un tout unique, dont le titre général choisi par Roger Munier montre déjà la nature puissamment architecturée : car, dans l’art des bâtisseurs, un opus incertum est un « assemblage de pierres irrégulières s’enchâssant les unes dans les autres de façon à former un ouvrage continu ».

Œuvre posthume, et conçue comme telle, puisque le propos de ce livre n’est nullement celui d’un journal ou de carnets intimes, mais cherche à atteindre ce qui fait l’essentiel de notre destinée de vivants, et qui est en réalité de nature « impersonnelle » : « Une autobiographie, mais qui ne serait faite que des moments impersonnels où l’être s’est senti traversé. »

Œuvre totale, à la fois philosophique, spirituelle et poétique, qui ne peut se comparer à nulle autre dans l’histoire des littératures. Avec la même intransigeante lucidité et la même sereine obstination qu’un Montaigne ou qu’une Dickinson, Munier s’essaie à écrire ce qui sans cesse, en même temps que la vie, lui échappe : « Je fais, dans ces notes, un demi-pas vers l’inconnu – mon inconnu ou l’inconnu – parfois un autre moindre encore, parfois un pas en retrait. Mais peu à peu j’avance dans l’incertain. Au total j’avance. »